L’UNION DE TAMAZGHA POUR SUPPLANTER L’UNION DU MAGHREB ARABE : CHANCES DE RÉUSSITE POLITIQUE ET MÉCANISMES D’APPLICATION

Dr. Mohamed Chtatou

Analyse critique de la proposition de Rachid Raha, Président de l’Assemblée mondiale amazighe

RÉSUMÉ

Le présent essai examine la proposition formulée en février 2026 par Rachid Raha, président de l’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA), de dissoudre l’Union du Maghreb Arabe (UMA) (Chtatou, 2017, June 21) au profit d’une « Union de Tamazgha » fondée sur l’identité amazighe, le modèle fédéral européen et les droits des peuples autochtones. À travers une analyse des défaillances structurelles de l’UMA, de la vitalité politique du mouvement amazigh contemporain, des obstacles géopolitiques persistants et des mécanismes institutionnels envisageables, l’essai montre que la proposition, aussi intellectuellement stimulante soit-elle, se heurte à des contraintes de souveraineté étatique, d’hétérogénéité interne et de rivalités interétatiques qui en limitent sévèrement la faisabilité à court terme. Il identifie cependant un horizon à moyen terme conditionné à des transformations démocratiques internes et à une reconfiguration des paradigmes identitaires en Afrique du Nord (Chtatou, 2026, mars).

Mots-clés : Tamazgha, Union du Maghreb arabe, amazighité, intégration régionale, fédéralisme, Rachid Raha, Afrique du Nord, peuples autochtones.

I. INTRODUCTION

Le 17 février 2026, le trente-septième anniversaire de la signature du Traité de Marrakech instituant l’Union du Maghreb arabe (UMA) s’est écoulé dans un silence institutionnel révélateur. Aucune commémoration officielle, aucun sommet des chefs d’État — le dernier remontant à 1994 — n’est venu marquer l’occasion (Chtatou, 2017, June 21). C’est dans ce vide symbolique que Rachid Raha, président de l’Assemblée mondiale amazighe (AMA), a choisi d’intervenir en adressant une lettre ouverte aux ministres des Affaires étrangères du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie, de la Tunisie et de la Libye, leur demandant formellement la dissolution de l’UMA et proposant de la remplacer par une « Union de Tamazgha » (Raha, 2026).

Cette proposition ne surgit pas ex nihilo. Elle s’inscrit dans un mouvement de revendications amazighes multi décennales, dans un contexte de paralysie profonde de l’intégration maghrébine, et dans le cadre plus large d’un réexamen mondial des modèles d’organisation régionale postcoloniale. Elle pose des questions fondamentales de science politique : une identité culturelle précoloniale peut-elle servir de substrat à une construction régionale contemporaine ? L’inadéquation entre le cadre identitaire d’une institution et les réalités historiques des peuples qu’elle prétend représenter constitue-t-elle une cause suffisante de son échec ? Quels mécanismes institutionnels permettraient de transformer une aspiration militante en architecture diplomatique viable ?

Cet essai s’organise en cinq parties. La première dresse un bilan critique de l’échec de l’UMA à la lumière de la littérature existante sur l’intégration régionale en Afrique du Nord. La deuxième analyse la proposition de Rachid Raha dans ses dimensions identitaires, institutionnelles et géopolitiques. La troisième évalue les chances de réussite politique de cette initiative en identifiant les facteurs favorables et les obstacles structurels. La quatrième examine les mécanismes d’application envisageables. La cinquième offre une perspective comparative avec d’autres expériences de fédéralisme identitaire à l’échelle mondiale. Une conclusion synthétise les enseignements et esquisse des scénarios prospectifs (Chtatou, 2026, mars).

II. L’ÉCHEC DE L’UMA : AUTOPSIE D’UNE INTÉGRATION AVORTÉE

2.1. La genèse d’un projet ambitieux

La création de l’UMA le 17 février 1989 à Marrakech, par la signature du Traité constitutif entre les cinq chefs d’État du Maghreb — Hassan II du Maroc, Chadli Bendjedid d’Algérie, Zine El-Abidine Ben Ali de Tunisie, Mouammar Kadhafi de Libye et Maaouia Ould Sid’Ahmed Taya de Mauritanie — s’inscrivait dans un moment de détente régionale après la réconciliation algéro-marocaine de Zéralda en 1988 (Chtatou, 2017, June 21). L’organisation visait à établir une union douanière, à faciliter la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, et à instaurer des politiques économiques harmonisées (Persée, 2008). Les structures économiques des cinq membres présentaient une complémentarité théoriquement favorable à l’intégration : l’Algérie et la Libye, riches en hydrocarbures ; la Mauritanie, pourvue en ressources minérales ; le Maroc et la Tunisie, dotés de secteurs industriels, financiers et agricoles relativement développés (Anadolu Agency, 2021).

Le projet reposait sur un triple fondement : une communauté de langue (l’arabe classique comme langue officielle commune), de religion (l’islam sunnite majoritaire) et d’histoire coloniale (la domination française, à l’exception partielle de la Libye). Comme le notent El Tibi et Saint-Prot (2008), cette vision d’un « destin commun » fondée sur des affinités partagées avait une puissance affective réelle dans les représentations populaires, prolongeant les aspirations unitaires nées à Tanger en 1958 au sein du Mouvement national maghrébin (cités dans Journals of Open Edition, 2013).

2.2. Les déterminants structurels de l’échec

L’UMA n’a jamais tenu de sommet des chefs d’État depuis 1994, date à laquelle la fermeture de la frontière maroco-algérienne, consécutive à l’attentat de Marrakech, a définitivement paralysé l’organisation (Amazigh 24, 2026). Les échanges commerciaux intra-régionaux plafonnent à environ 2,5 % du total des échanges globaux des membres, un taux dérisoire comparé aux 60 % enregistrés au sein de l’Union européenne (Sciences Po HAL, 2008). La Banque maghrébine d’investissement et du commerce extérieur (BMICE), créée pour financer des projets mixtes, est demeurée largement symbolique (Sciences Po HAL, 2008).

La littérature scientifique identifie plusieurs déterminants structurels de cet échec. En premier lieu, le conflit du Sahara occidental constitue l’obstacle géopolitique principal. Depuis le retrait de l’Espagne en 1975, le soutien algérien au Front Polisario a empoisonné les relations maroco-algériennes, entraînant la guerre des Sables de 1963 et une rivalité régionale persistante (Revue Conflits, 2025). La position algérienne, consistant à défendre le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui au nom de la résolution 1675 du Conseil de sécurité, s’est maintenue jusqu’à la résolution 2797 d’octobre 2025, qui a reconnu le plan d’autonomie marocain comme « la base la plus réaliste et la plus crédible » (Amazigh 24, 2026). En second lieu, le déficit démocratique des régimes membres constitue un frein majeur. Une enquête conduite auprès de citoyens maghrébins révèle que 58 % attribuent le blocage régional à l’incapacité des dirigeants à s’entendre, et qu’une large majorité plaide pour la création d’un parlement maghrébin élu démocratiquement (Sciences Po HAL, 2008a). Les systèmes politiques autoritaires développent des mécanismes internes d’immunisation contre le changement démocratique qui rendent l’intégration institutionnelle fondée sur la légitimité populaire structurellement impossible.

En troisième lieu, les logiques de souveraineté étatique ont primé sur l’intérêt commun. Comme le conclut Boudjema (2010) dans son analyse de l’échec de l’intégration maghrébine, les notions de souveraineté et d’intérêt national « pris dans leur sens le plus restreint » ont systématiquement bloqué la mise en œuvre des accords de libre-échange, notamment la Convention de libre-échange maghrébine de 1996 (Barlamane, 2025). En quatrième lieu, la concurrence des cadres d’intégration alternatifs — processus de Barcelone (1995), accords de libre-échange bilatéraux avec l’Union européenne, PAFTA et Grande Zone Arabe de Libre Échange — ont marginalisé l’agenda de l’UMA en le rendant secondaire aux yeux des États membres (Sciences Po HAL, 2008).

2.3. La dimension identitaire occultée

Une critique d’ordre identitaire, plus rarement au cœur des analyses académiques conventionnelles, émerge de la littérature amazighe et postcoloniale. Plusieurs chercheurs soulignent que l’appellation même d’« Union du Maghreb arabe » repose sur une fiction identitaire : l’Afrique du Nord, géographiquement et historiquement, est d’abord amazighe avant d’être arabe (Chtatou, 2017, June 21). Comme le montrent Arkam (2026, 13 janvier) et les travaux de l’Assemblée Mondiale Amazighe, le terme « Maghreb », dérivé de l’arabe al-Maghrib (« l’Occident »), est une désignation exogène, conçue depuis le centre du monde arabo-islamique médiéval, qui ne correspond ni à un nom autochtone ni à une réalité historique homogène. La constitution de l’UMA sur ce fondement identificatoire a, selon Raha (2026), reproduit au niveau régional la même politique de négation identitaire que les États postcoloniaux avaient imposée au niveau national (Chtatou, 2025, 29 novembre).

Le Mouvement Amazigh avait bien plus tôt perçu cette contradiction. Comme le rappelle Silverstein (2018) dans son analyse du Mouvement Amazigh en Afrique du Nord après le Printemps arabe, « l’imagination d’un espace culturel-géographique plus large de Tamazgha, s’étendant des îles Canaries à l’oasis égyptienne de Siwa, constitue un modèle alternatif pour penser au-delà des intérêts nationaux étroits qui avaient fait échouer les tentatives officielles d’unité nord-africaine ».

III. LA PROPOSITION DE RACHID RAHA : ANATOMIE D’UN PROJET

3.1. Biographie intellectuelle et positionnement politique

Rachid Raha est une figure centrale du Mouvement Amazigh international. Président de l’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA), organisation non gouvernementale enregistrée au Moniteur belge de Bruxelle depuis le 1er mars 2012, il a consacré plusieurs décennies à porter la cause amazighe sur les scènes diplomatiques européennes et onusiennes. Il a adressé des lettres ouvertes au Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, aux membres du Parlement européen, du Congrès espagnol et du Parlement belge, et a conduit des délégations institutionnelles et académiques dans plusieurs capitales européennes, dont Barcelone en novembre 2025 (AMA, 2025). Son positionnement se caractérise par une vision pan-amazighe qui transcende les frontières étatiques, un engagement laïc explicite, une défense des droits des femmes et des minorités, et un soutien au modèle autonomiste marocain pour le Sahara occidental (Raha, 2025).

Le “Manifeste de Tamazgha”, publié en 2013 et disponible en cinq langues, constitue la matrice doctrinale de sa proposition. Il y plaide pour une « Confédération démocratique, sociale et transfrontalière, basée sur le droit à l’autonomie des régions », inspirée des anciennes institutions politiques et sociales amazighes, notamment les conseils de village (djemaas) et les confédérations tribales (Raha, 2013).

3.2. Les fondements de la critique de l’UMA

Raha (2026) identifie trois causes principales de l’échec de l’UMA. La première est identitaire : en adoptant l’appellation « Maghreb arabe », l’union a occulté « l’histoire millénaire et l’identité authentique amazigho-africaine de l’Afrique du Nord » et s’est révélée ni inclusive ni fédératrice (Chtatou, 2017, June 21). La deuxième est idéologique : l’union repose sur un arabo-islamisme qu’il qualifie d’importé et d’artificiellement imposé, dont il voit les signes d’effritement dans des expressions populaires comme l’absence de solidarité entre supporters nord-africains lors de la CAN 2025. La troisième est géopolitique : le conflit du Sahara occidental, entretenu par les militaires algériens selon son analyse, a conduit à la paralysie totale de l’organisation (Chtatou, 2026, mars).

Ces trois critiques ont des résonances distinctes dans la littérature scientifique. La critique identitaire rejoint les travaux de Silverstein, & Crawford (2004) sur l’activisme amazigh et l’État marocain, et les analyses de Silverstein (2022) sur les politiques raciales du Mouvement Amazigh, qui montrent que la distinction entre arabité et amazighité a des racines coloniales profondes, instrumentalisées alternativement par les États postcoloniaux et les mouvements d’opposition. La critique idéologique trouve un écho dans les recherches de Hamid Barrada et d’autres historiens sur la construction nationaliste arabe postindépendance. La critique géopolitique est largement documentée dans la littérature sur les relations maroco-algériennes (Revue Conflits, 2025).

3.3. L’architecture de la proposition

“L’Union de Tamazgha” proposée par Raha (2026) repose sur cinq piliers institutionnels. Premièrement, un ancrage dans le droit international : elle serait fondée sur la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 et sur la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones du 13 septembre 2007, qui reconnaît aux peuples autochtones le droit à l’autodétermination, à la préservation de leurs institutions, à leur identité culturelle et à la gestion de leurs ressources (Nations Unies, 2007). Deuxièmement, un modèle institutionnel inspiré de l’Union européenne, avec des institutions supranationales, des mécanismes de décision collectifs et une intégration progressive. Troisièmement, un système politique fédéral accordant une large autonomie aux régions, inspiré des anciennes confédérations tribales amazighes. Quatrièmement, des priorités absolues accordées aux droits des femmes, à la lutte contre toute discrimination, au respect de la diversité ethnico-linguistique, à la pluralité des croyances religieuses et au multipartisme politique. Cinquièmement, un ancrage dans les « récentes reconnaissances institutionnelles » amazighes : l’officialité constitutionnelle du tamazight au Maroc en 2011 et en Algérie en 2016, et la reconnaissance des calendriers amazigh par l’Algérie en 2018 et le Maroc en 2023 (Raha, 2026).

La proposition affirme qu’un tel modèle permettrait de résoudre simultanément trois crises régionales majeures : la question du Sahara occidental, à la lumière de la résolution 2797 du Conseil de sécurité ; les aspirations autonomistes en Kabylie ; et l’instabilité chronique en Libye. Ce triptyque de résolution est présenté comme une conséquence naturelle du cadre fédéral basé sur l’autonomie régionale (Amazigh 24, 2026).

IV. ÉVALUATION DES CHANCES DE RÉUSSITE POLITIQUE

4.1. Les facteurs favorables

Plusieurs facteurs militent, au moins partiellement, en faveur de la viabilité de la proposition. Le premier est la réalité de l’échec de l’UMA, qui crée un espace de légitimité pour des propositions alternatives. Comme le formule l’AMA lui-même dans son texte fondateur du Manifeste de Tamazgha (2013), le projet pan-amazigh ne se présente pas comme une alternative idéologique mais comme une réponse pragmatique à une impasse documentée. Le deuxième est la montée en puissance institutionnelle de l’amazighité. Les reconnaissances constitutionnelles de la langue tamazight au Maroc (2011) et en Algérie (2016), les révisions curriculaires partielles, et la création d’institutions académiques comme le Haut Commissariat à l’Amazighité en Algérie en 1995 et  l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) au Maroc en 2001, attestent d’une légitimation progressive qui fournit un socle potentiel (Silverstein & Crawford, 2004; Merip, 2004). Le troisième est la présence d’une diaspora amazighe active et organisée en Europe, notamment en France, en Belgique, en Espagne et aux Pays-Bas, qui disposent de réseaux institutionnels, de ressources financières et d’accès aux instances onusiennes (AMA, 2025 ; Raha, 2013). Le quatrième est la cohérence géographique et culturelle préexistante : l’espace de Tamazgha présente des caractéristiques anthropologiques, linguistiques et archéologiques d’une continuité remarquable, attestée par des travaux récents (Iwziwn, 2026 ; Pressenza, 2026). Le cinquième est la légitimité du droit international des peuples autochtones. La Déclaration des Nations unies de 2007, ratifiée par les cinq États membres de l’UMA (qui ont voté favorablement ou se sont abstenus), offre un cadre normatif utilisable par les militants amazighs devant les instances internationales (Nations Unies, 2007).

4.2. Les obstacles structurels

Les obstacles à la réussite de la proposition sont cependant considérables et multidimensionnels. Le premier obstacle est l’hégémonie de la souveraineté étatique postcoloniale. Les cinq États membres de l’UMA ont tous construit leur légitimité nationale sur un récit de libération qui intègre l’arabité comme composante fondamentale de l’identité nationale. Remettre en cause ce récit au niveau symbolique — en substituant « Tamazgha » à « Maghreb arabe » — équivaut à contester les fondements idéologiques des États eux-mêmes (Chtatou, 2017, June 21). La résistance ne serait pas purement cosmétique mais ontologique (Silverstein, 2022 ; Barlamane, 2025).

Le deuxième obstacle est l’hétérogénéité interne du Mouvement Amazigh. Comme le note Raha lui-même (2025) dans sa réponse à Stéphane Mérabet Arrami, le Mouvement Amazigh est structurellement fragmenté : le Mouvement Culturel Berbère (MCB) s’est divisé entre tendances MCB-Coordination et MCB-Commission ; le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) oscille entre autonomisme et séparatisme ; les instances internationales concurrentes se disputent la représentativité. Silverstein (2022) souligne de surcroît les tensions internes au mouvement sur la question raciale — notamment le rapport aux populations noires sub-sahariennes de la région — qui fragilisent la construction d’une identité amazighe véritablement inclusive. Arkam (2025, 26 juillet) relève également que les divisions internes sont parfois instrumentalisées par les services de renseignement des États concernés pour affaiblir l’organisation (Chtatou, 2026, mars).

Le troisième obstacle est la rivalité interétatique persistante, particulièrement entre le Maroc et l’Algérie. La frontière fermée depuis 1994, l’affrontement diplomatique autour du Sahara occidental, et la rupture des relations diplomatiques algéro-marocaines en août 2021 constituent des obstacles géopolitiques que la seule rhétorique pan-amazighe ne peut surmonter. Le quatrième obstacle est la faiblesse de l’assise populaire directe. Contrairement aux mouvements sociaux qui ont alimenté le Hirak algérien (2019-2021) ou les mobilisations du Printemps berbère depuis 1980, la proposition de l’Union de Tamazgha émane d’une organisation de la société civile transnationale sans ancrage électoral national. Elle ne bénéficie d’aucun mandat gouvernemental et ne dispose pas de mécanismes de mobilisation de masse comparables à ceux des partis politiques nationaux. La géopolitique des organisations non gouvernementales ne se traduit pas automatiquement en influence diplomatique (Merip, 2004).

Le cinquième obstacle est la contradiction interne de la proposition entre universalisme des droits et particularisme identitaire. En proposant une union fondée sur l’identité amazighe — et donc sur un critère ethnique, aussi contesté soit-il —, Raha risque de reproduire, au niveau régional, la logique identitaire exclusive qu’il reproche à l’UMA d’avoir instaurée au profit de l’arabité. Les Algériens d’expression arabe, les populations sub-sahariennes installées au Maghreb, les communautés juives nord-africaines de la diaspora, et les minorités religieuses diverses se trouveraient dans une position ambiguë au sein d’une telle union, sauf à adopter une définition suffisamment inclusive de « l’amazighité » — que la proposition elle-même ne définit pas avec précision (Silverstein, 2022 ; Pomeps, 2022).

4.3. Évaluation globale des probabilités de réussite à court terme

Une évaluation réaliste conduit à conclure que les chances d’une mise en œuvre effective à court terme (horizon cinq à dix ans) sont très faibles. Plusieurs indices convergent en ce sens : l’absence de réponse officielle des cinq ministres des Affaires étrangères à la lettre de Raha (2026) ; la réaffirmation constante, par les gouvernements concernés, de leur attachement à l’arabité comme composante constitutive de leur identité nationale ; les divisions profondes au sein même du Mouvement Amazigh ; et l’inexistence d’un contexte diplomatique propice — aucun des cinq États ne traversant une phase de transition démocratique susceptible de libérer les contraintes identitaires actuelles. À moyen terme (vingt à trente ans), des scénarios plus ouverts deviennent concevables, conditionnés à des transformations politiques majeures que la section suivante analyse.

V. MÉCANISMES D’APPLICATION ENVISAGEABLES

5.1. La stratégie incrémentale : du culturel au politique

La première voie d’application, la plus réaliste à court terme, est la stratégie incrémentale, qui consiste à avancer progressivement du culturel vers le politique. Cette approche suit le modèle du fonctionnalisme de David Mitrany (1943), selon lequel l’intégration régionale se construit par l’accumulation de coopérations fonctionnelles sectorielles qui créent, à terme, des solidarités et des interdépendances suffisamment fortes pour justifier un saut institutionnel. Appliquée au contexte amazigh, cette stratégie impliquerait : en premier lieu, la standardisation et l’enseignement généralisé de la langue tamazight dans tous les systèmes éducatifs nationaux concernés, incluant la Mauritanie et la Libye qui n’ont pas encore accompli les reconnaissances constitutionnelles du Maroc et de l’Algérie. En deuxième lieu, la création d’institutions culturelles transnationales amazighes — académies, centres de recherche, médias — bénéficiant d’un financement mixte national et diasporique. En troisième lieu, le développement de mobilités académiques et professionnelles inter-maghrébines fondées sur des coopérations universitaires transfrontalières. En quatrième lieu, l’intégration de l’amazighité dans les programmes touristiques, archéologiques et patrimoniaux, qui peuvent bénéficier d’un soutien de l’UNESCO dans le cadre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003).

5.2. La stratégie constitutionnelle : reconnaissance nationale comme préalable

La deuxième voie est la stratégie constitutionnelle, qui postule que l’Union de Tamazgha ne peut être fondée qu’une fois que chacun des cinq États membres aura accompli une reconnaissance constitutionnelle substantielle de l’amazighité. Le Maroc et l’Algérie ont franchi ce seuil en reconnaissant le tamazight comme langue officielle. La Mauritanie, dont la population touarègue et berbère représente une fraction de la population mais dont les élites au pouvoir appartiennent essentiellement à la communauté Maure, arabophone, constitue un cas intermédiaire. La Libye, en situation d’instabilité politique chronique depuis 2011, a vu les communautés amazighes — notamment les Touaregs du Fezzan et les Amazighs de Zuwara et du Djebel Nefoussa — réclamer une autonomie régionale (Nationalia, 2016, 14 avril). La Tunisie n’a pas encore adopté de mesures constitutionnelles significatives en matière de reconnaissance amazighe. Cette stratégie implique donc un travail de plaidoyer national préalable différencié selon les pays, avant que puisse s’amorcer une convergence régionale.

5.3. La stratégie onusienne et internationale

La troisième voie est la stratégie de légitimation internationale par les instances onusiennes et régionales. L’Assemblée Mondiale Amazighe (Chtatou, 2025, 29 novembre) assiste à certaines instances des Nations Unies et dispose d’une reconnaissance institutionnelle croissante en Europe. Raha a systématiquement utilisé cette tribune pour adresser des communications aux organes onusiens, aux parlements nationaux européens et aux institutions de l’Union européenne (Raha, 2024 ; AMA, 2025). Cette stratégie consiste à obtenir, auprès du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, des résolutions reconnaissant les droits collectifs du peuple amazigh, qui créeraient une pression diplomatique sur les États nord-africains. L’utilisation de la Déclaration de 2007 sur les droits des peuples autochtones comme levier juridique est à cet égard particulièrement pertinente, dans la mesure où les cinq États ont voté favorablement ou ne s’y sont pas opposés (Nations Unies, 2007).

Cette stratégie pourrait également passer par l’Union africaine, institution dont tous les États maghrébins sont membres et qui a adopté en 2015 l’Agenda 2063 promouvant l’identité africaine et la renaissance culturelle continentale. Un rapprochement entre la revendication amazighe et la vision panafricaine de Raha — qui parle explicitement d’une vision « africaniste et pan-amazighe » — pourrait trouver un écho dans les instances de l’UA (Raha, 2026).

5.4. La stratégie fédérale et la résolution des conflits

La quatrième voie, la plus ambitieuse, est la mise en place d’un modèle fédéral directement articulé à la résolution des conflits régionaux. Raha (2026) suggère que le modèle d’autonomie régionale amazigh pourrait résoudre simultanément la question du Sahara occidental, les aspirations kabyles et la fragmentation libyenne. Cette convergence entre fédéralisme identitaire et résolution des conflits territoriaux trouve un ancrage dans la littérature comparative sur le fédéralisme en Afrique. Nwozor et al. (2024), dans leur analyse comparative publiée dans la revue Publius : The Journal of Federalism, montrent que les fédérations africaines ont généralement adopté le fédéralisme comme outil de gestion des demandes d’autonomie identitaire plutôt que comme association volontaire d’États pré-existants, selon le modèle « coming-together » d’Elazar (1987).

Dans le cas maghrébin, le modèle proposé s’apparenterait à un fédéralisme asymétrique accordant différents degrés d’autonomie selon les régions — un modèle comparable à celui de l’Espagne (avec ses régions à statut particulier comme la Catalogne ou le Pays basque) ou de la Belgique. La résolution du conflit sahraoui dans ce cadre nécessiterait cependant l’adhésion de l’Algérie à un tel modèle — ce qui suppose un changement radical de politique algérienne, difficile à anticiper dans le contexte actuel des rapports de force internes (Chtatou, 2026, mars).

5.5. La stratégie de la société civile transnationale

La cinquième voie est le développement de réseaux de la société civile transnationale amazighe capables de peser sur les politiques publiques nationales et régionales. Le Mouvement Amazigh dispose d’une présence associative dans l’ensemble des pays du Maghreb et dans la diaspora européenne et nord-américaine (Chtatou, 2017, June 21). Cette présence, si elle était mieux coordonnée et financée, pourrait constituer un acteur de pression diplomatique non étatique comparable aux réseaux féministes transnationaux ou aux organisations environnementales mondiales qui ont influencé la formulation du droit international. Silverstein (2018) souligne déjà que les organisations amazighes mondiales ont commencé à fonctionner comme des organes quasi-diplomatiques utilisant des ressources diasporiques délocalisées pour contourner les limites de l’activisme national stricto sensu.

VI. PERSPECTIVES COMPARATIVES : FÉDÉRALISME IDENTITAIRE ET INTÉGRATION RÉGIONALE

6.1. L’expérience européenne comme modèle et comme miroir

Raha lui-même cite le modèle de l’Union européenne comme référence institutionnelle pour l’Union de Tamazgha. Cette référence est à la fois pertinente et partiellement trompeuse. Elle est pertinente en ce qu’elle offre un exemple concret d’intégration régionale progressant par étapes fonctionnelles — zone de libre-échange, union douanière, marché unique, union monétaire partielle — tout en préservant la souveraineté étatique sur des domaines essentiels. Elle est trompeuse parce que l’UE s’est construite dans un contexte de démocraties libérales consolidées, de complémentarité économique avancée, et de soutien populaire à l’intégration, conditions qui ne sont pas réunies en Afrique du Nord. De surcroît, l’UE a elle-même fait face à des mouvements régionalistes identitaires (Écosse, Catalogne, Flandre) qui ont mis en tension l’intégration supranationale et les revendications d’autonomie infranationale, sans que ces tensions aient été définitivement résolues (Habermas, 2001).

La référence européenne est néanmoins utile pour penser les séquences institutionnelles de l’intégration. Selon la théorie néofonctionnaliste de Ernst Haas (1958), l’intégration régionale progresse par « spillover » — les coopérations dans un domaine créent des pressions pour des coopérations dans des domaines connexes. Dans le contexte amazigh, la standardisation linguistique du tamazight et la création d’institutions culturelles communes pourraient générer des pressions pour des coopérations éducatives, puis économiques, puis politiques.

6.2. Le modèle kurde : une comparaison instructive

Le cas kurde constitue une comparaison particulièrement instructive. Les Kurdes, peuple sans État réparti entre la Turquie, l’Irak, la Syrie et l’Iran, ont développé depuis plusieurs décennies des stratégies d’affirmation identitaire transnationale qui combinent activisme diasporique, revendications autonomistes, et construction d’institutions para-étatiques dans les régions à majorité kurde. Le Gouvernement régional du Kurdistan irakien (GRK), reconnu par la Constitution irakienne de 2005, constitue le cas le plus avancé de cette stratégie, offrant un modèle d’autonomie régionale institutionnalisée comparable à ce que proposent Raha et le Manifeste de Tamazgha (Raha, 2013). Les analogies sont cependant limitées : les Kurdes disposent d’une majorité numérique dans des territoires continus, d’une langue plus standardisée et d’une histoire militaire qui leur a conféré un poids géopolitique que les Amazighs ne possèdent pas de manière comparable (Chtatou, 2026, mars).

6.3. Le cas éthiopien : les risques du fédéralisme ethnique

L’expérience éthiopienne offre quant à elle un contrepoint critique précieux. La Constitution éthiopienne de 1995 a instauré un fédéralisme ethnique accordant à chaque « nation, nationalité et peuple » le droit à l’autodétermination jusqu’à la sécession. Nwozor et al. (2024) montrent que cette architecture, conçue pour maintenir l’unité en reconnaissant la diversité, a en réalité exacerbé les tensions identitaires en institutionnalisant les frontières ethniques et en créant des minorités nationales dans chaque région. En Éthiopie, la reconnaissance constitutionnelle de l’autonomie ethnique a alimenté des conflits de souveraineté intra-régionaux, un risque que tout projet de fédéralisme identitaire nord-africain devrait sérieusement anticiper.

La leçon principale est que le fédéralisme identitaire ne résout pas automatiquement les conflits ; il peut les déplacer du niveau interétatique au niveau intra-régional. Une Union de Tamazgha fondée sur le critère amazigh risquerait de marginaliser les arabophones non-amazighs qui se définissent comme Arabes (ou comme mixtes), de créer des sous-minorités au sein des régions amazighes, et de générer des conflits de délimitation territoriale aussi intenses que ceux que le modèle prétend résoudre.

VII. CONCLUSION : ENTRE UTOPIE NÉCESSAIRE ET RÉALISME INDISPENSABLE

La proposition de Rachid Raha pour une “Union de Tamazgha” est, à la fois, intellectuellement stimulante et politiquement prématurée. Elle est intellectuellement stimulante parce qu’elle pose une question que la science politique maghrébine a longtemps esquivée : celle de la correspondance entre le substrat identitaire réel des sociétés nord-africaines et les cadres institutionnels qui prétendent les représenter. Si l’UMA a échoué, ce n’est pas seulement à cause du conflit du Sahara occidental ou du déficit démocratique des régimes — facteurs réels mais insuffisants pour expliquer une paralysie aussi totale —, c’est aussi parce qu’elle reposait sur une fiction identitaire qui n’a jamais suscité d’adhésion populaire profonde. La substitution de « Tamazgha » à « Maghreb arabe » est davantage qu’un changement de nom : c’est une proposition de refondation civilisationnelle (Chtatou, 2026, mars).

Elle est cependant politiquement prématurée parce que les conditions de son application — transformations démocratiques internes, résolution du conflit du Sahara occidental, standardisation linguistique du tamazight dans l’ensemble des pays membres, consolidation d’un mouvement amazigh unifié et représentatif — ne sont pas réunies et n’ont pas de perspective d’accomplissement à court terme. L’architecture institutionnelle proposée, pour sophistiquée qu’elle soit, ne dispose pas encore de la masse critique politique, sociale et diplomatique nécessaire à sa mise en œuvre.

À moyen terme, cependant, plusieurs dynamiques pourraient converger pour ouvrir un espace à des propositions de ce type. La démocratisation progressive des régimes nord-africains — que le Hirak algérien (2019-2021) a esquissée sans concrétiser —, l’approfondissement des reconnaissances institutionnelles amazighes, la montée en puissance des diasporas comme acteurs diplomatiques transnationaux, et le renforcement du droit international des peuples autochtones, constituent des vecteurs potentiels de changement. Silverstein (2018) identifie déjà dans le Mouvement Amazigh contemporain une capacité à « penser au-delà des intérêts nationaux étroits » qui pourrait, à terme, nourrir une alternative crédible aux nationalismes étatiques épuisés.

En définitive, la valeur principale de la proposition de Rachid Raha réside moins dans sa faisabilité immédiate que dans sa fonction d’interpellation : elle oblige les élites politiques, les intellectuels et les sociétés civiles nord-africaines à confronter la question de ce qui fonde réellement leur communauté de destin. Dans un Maghreb où l’UMA existe désormais comme « une chimère » selon la formulation de Jeune Afrique (2026), la recherche d’un nouveau paradigme d’intégration n’est pas un luxe idéologique, mais une nécessité géopolitique (Chtatou, 2017, June 21). Tamazgha — qu’on l’entende comme réalité historique, comme horizon politique ou comme utopie mobilisatrice — est peut-être l’un des rares concepts disponibles capables de transcender les nationalismes postcoloniaux rivaux qui ont jusque-là empêché toute intégration régionale durable en Afrique du Nord.

BIBLIOGRAPHIE

Amazigh 24. (2026, mars). Rachid Raha veut dissoudre l’UMA pour créer une « Union de Tamazgha ». Amazigh 24. https://amazigh24.com/rachid-raha-veut-dissoudre-luma-pour-creer-une-union-de-tamazgha/

Arkam, R. (2025, 2 décembre). Kabylia: Towards autonomy while preserving national unity. Pressenza. https://www.pressenza.com/2025/12/kabylia-towards-autonomy-while-preserving-national-unity/

Arkam, R. (2025, 26 juillet). Algeria’s forgotten truth: The power of Amazigh identity to heal the world’s divides. Pressenza. https://www.pressenza.com/2025/07/algerias-forgotten-truth/

Arkam, R. (2026, 13 janvier). Amazigh North Africa: Beyond the « Maghreb » concept. Pressenza. https://www.pressenza.com/2026/01/amazigh-north-africa-beyond-the-maghreb-concept/

Assemblée mondiale amazighe (AMA). (2025, novembre). Une délégation de l’Assemblée mondiale amazighe en déplacement officiel à Barcelone. Amadal Amazigh. https://amadalamazigh.press.ma/fr/une-delegation-de-lassemblee-mondiale-amazighe-en-deplacement-officiel-a-barcelone/

Barlamane. (2025, mai). Le Maghreb, une utopie à réinventer. Barlamane.com. https://barlamane.com/fr/le-maghreb-une-utopie-a-reinventer/

Boudjema, M. (2010). Échec de l’intégration de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) [Mémoire de maîtrise, Université du Québec en Outaouais]. Mémoire Online. https://www.memoireonline.com/03/12/5478/

Boudjema, M. (2010). Échec de l’intégration de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) (Mémoire de maîtrise, École nationale d’administration publique, Université du Québec en Outaouais). Mémoire Online. https://www.memoireonline.com/03/12/5478/

Chtatou, M. (2017, June 21). Is the Maghreb Union finished and dead? – Analysis. Eurasia Reviewhttps://www.eurasiareview.com/21062017-is-the-maghreb-union-finished-and-dead-analysis/

Chtatou, M. (2025, 29 novembre). Assemblée mondiale amazighe : Philosophie, objectifs et réalisations. Amadal Amazighhttps://amadalamazigh.press.ma/fr/assemblee-mondiale-amazighe-philosophie-objectifs-et-realisations/

Chtatou, M. (2026, mars). De l’Union du Maghreb arabe à l’Union de Tamazgha : Rachid Raha, la revendication amazighe et les fondements identitaires de l’intégration nord-africaine. Amadal Amazigh, (302). https://www.amadalamazigh.press.ma/archivesPDF/302.pdf

El Tibi, Z., & Saint-Prot, C. de. (2008). L’Union pour la Méditerranée : Genèse et enjeux. OERC.

Elazar, Daniel J. (1987). Exploring federalism. University of Alabama Press. https://books.google.co.ma/books/about/Exploring_Federalism.html?id=0CQBBAAAQBAJ&redir_esc=y

Haas, E. (1958). The uniting of Europe: Political, social and economic forces, 1950-1957. Stanford University Press. https://academic.oup.com/ahr/article-abstract/64/3/629/96138?login=false

Habermas, J. (2001). The postnational constellation: Political essays (M. Pensky, Trans.). MIT Press. https://books.google.co.ma/books/about/The_Postnational_Constellation.html?id=HL1NEAAAQBAJ&redir_esc=y

Iwziwn. (2026, février). Who are the Amazigh? Origins, identity, and historical memory of North Africa. https://www.iwziwn.com/who-are-the-amazigh/

Jeune Afrique. (2026, 22 février). Rachid Raha, militant amazigh, veut remplacer l’Union du Maghreb arabe par une « Union de Tamazgha ». Jeune Afrique. https://www.jeuneafrique.com/1767322/politique/

Kasmi, J. (2008). L’intégration sous-régionale des États du Maghreb : Quel avenir dans le contexte de la politique européenne de voisinage ? Revue Juridique de l’Ouest, 21(1), 71-99. https://www.persee.fr/doc/juro_0990-1027_2008_num_21_1_2947

Mitrany, D. (1943). A working peace system: An argument for the functional development of international organization. Royal Institute of International Affairs. https://defenseetsecuriteinternationale.wordpress.com/wp-content/uploads/2013/12/a-working-peace-system-mitrany.pdf

Nationalia. (2016, April 14). From failed state to regional autonomy: Amazigh self-determination in Libya. https://www.nationalia.info/opinion/10760/from-failed-state-to-regional-autonomy-amazigh-self-determination-in-libya

Nations Unies. (2007). Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (Résolution A/RES/61/295). New York : Assemblée générale des Nations Unies. https://www.un.org/esa/socdev/unpfii/documents/DRIPS_fr.pdf

Persée. (2008). L’intégration sous-régionale des États du Maghreb : Quel avenir dans le contexte de la politique européenne de voisinage ? Revue Juridique de l’UEMOA, 21(1) ), 71-99. https://www.persee.fr/doc/juro_0990-1027_2008_num_21_1_2947

Pomeps. (2022). The racial politics of the Amazigh revival in North Africa and beyond. Project on Middle East Political Science. https://pomeps.org/the-racial-politics-of-the-amazigh-revival-in-north-africa-and-beyond

Raha, R. (2013). Manifeste de Tamazgha: Pour une confédération démocratique, sociale et transfrontalière, basée sur le droit à l’autonomie des régions. Assemblée Mondiale Amazighe. https://amamazigh.org/wp-content/uploads/2018/10/AMA_MANIFESTE-DE-TAMAZGHA_5-langues.pdf

Raha, R. (2024, October 4). How does Algeria continue to block the Maghreb Union and destabilise the European Union? Atalayarhttps://www.atalayar.com/en/opinion/rachid-raha/20241002152822205867.html

Raha, R. (2025, 19 février). Quelles sont les priorités du Mouvement amazigh pour 2025‑2030 ? Opinion Internationalehttps://www.opinion-internationale.com/2025/02/19/

Raha, R. (2025, novembre 6). Réponse à mon ami Mass Stéphane Mérabet Arrami. Kabyle.com. https://kabyle.com/breve/rachid-raha-reponse-a-mon-ami-mass-stephane-merabet-arrami

Raha, R. (2026, 17 février). Demande de dissolution de l’« Union du Maghreb Arabe (UMA) » et proposition de création de l’« Union de Tamazgha ». Lettre ouverte aux ministres des Affaires étrangères du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie, de la Libye et de la Tunisie. Amadal Amazigh. https://amadalamazigh.press.ma/fr/demande-de-dissolution/

Revue Conflits. (2025, septembre). Pourquoi les relations entre le Maroc et l’Algérie sont au point mort ? https://www.revueconflits.com/pourquoi-les-relations-entre-le-maroc-et-lalgerie-sont-au-point-mort/

Sciences Po HAL. (2008). L’Algérie, l’Union du Maghreb Arabe et l’intégration régionale. HAL Sciences Po. https://sciencespo.hal.science/hal-03462117/document

Sciences Po HAL. (2008a). Le Maroc, l’Union du Maghreb Arabe et l’intégration régionale. HAL Sciences Po. https://sciencespo.hal.science/hal-03473705/document

Silverstein, P. (2018). The Amazigh movement in a changing North Africa. In D. Pouessel & J.-N. Ferrié (Eds.), Social currents in North Africa: Culture and governance after the Arab Spring. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/oso/9780190673697.003.0013

Silverstein, P. A. (2022). The racial politics of the Amazigh revival in North Africa and beyond. In E. Hahonou & colleagues (Eds.), Racial formations in Africa and the Middle East: A transregional approach (POMEPS Studies 44). Project on Middle East Political Science. https://pomeps.org/the-racial-politics-of-the-amazigh-revival-in-north-africa-and-beyond

Silverstein, P. A., & Crawford, D. (2004). Amazigh activism and and and and the Moroccan state. Middle East Report, (233), 44–48. https://merip.org/2004/12/amazigh-activism-and-the-moroccan-state/

United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization. (2003). Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatérielhttps://ich.unesco.org/fr/convention

Yabiladi. (2026, février). Une ONG amazighe demande la dissolution de l’« Union du Maghreb Arabe ». https://www.yabiladi.com/articles/details/188398/amazighe-demande-dissolution-union-maghreb.html

Yimenu, B. (2024). Federalism and state restructuring in Africa: A comparative analysis of origins, rationales, and challenges. Publius: The Journal of Federalism, 54(1), 6–33. https://doi.org/10.1093/publius/pjad015

Lire Aussi...

La visite du pape Léon XIV, entre leçon morale et révélateur politique 

Il devait s’agir d’un moment historique, soigneusement mis en scène pour redorer l’image du pays. …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *