Niger: Corruption, le Président Bazoum déterminé à mener une œuvre de salubrité publique

Un jour ou l’autre, le problème des biens mal acquis devra enfin être exposé au grand jour afin de permettre à l’Etat spolié et aux Nigériens de rentrer dans leurs droits. Des biens aux origines occultes et manifestement frauduleuses, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, devront être l’objet d’investigations de la part des autorités nationales ou des organisations internationales dotées de moyens juridiques adéquats pour contribuer à faire la lumière sur des comportements et des fortunes suspects. La communauté internationale doit exiger plus de transparence et de rigueur dans la gestion de la chose publique afin d’accompagner de manière plus efficiente le pays dans certaines de ses politiques de développement et de consolidation de l’Etat.

La bonne gouvernance demeurera une illusion aussi longtemps que des sommes colossales disparaîtront indûment des caisses de l’Etat sans que cela ne fasse l’objet d’attentions particulières des pouvoirs publics. Les malversations dévoilées mais rarement ou insuffisamment instruites, devront être élucidés par la justice sans que cela ne soit perçu comme une cabale politique destinée à atteindre des personnes ciblées de manière sélective. La crédibilité de l’Etat et de ses institutions implique le respect des règles qui fondent la république et donc la confiance des Nigériens en leur capacité à faire société dans un climat propice à la promotion de l’intérêt général.

Les mécanismes de contrôle de la dépense publique souffrent également de cette culture de corruption devenue une pratique régulière admise par tous. L’accoutumance à l’impunité et la banalisation de la corruption gangrènent le fonctionnement de l’Etat tout entier et risquent de le conduire à son irrévocable perte. La persistance de ces pratiques sape inexorablement tout crédit en un Etat au service de l’ensemble des citoyens. La distribution à fonds perdus des marchés publics, dont l’exécution effective est rarement contrôlée, est devenue le moyen le plus courant d’accaparer les ressources de l’Etat et récompenser ses proches.

L’exemple du Mali nous rappelle la fragilité de nos État et l’impact de la corruption sur la survie même des institutions. Pour éviter d’être confronté demain à des situations de péril de l’Etat, autant veiller à le consolider pendant qu’il en est encore temps. La corruption généralisée menace la stabilité et constitue un élément de subversion tout aussi dangereux que l’insécurité que l’Etat cherche à combattre.

Difficile d’espérer que le citoyen respecte, en conscience, la loi quand le sommet de l’Etat semble échapper à tout contrôle et donne l’impression de se complaire dans la concussion et l’exonération de toute responsabilité aussi bien que de sens moral. L’absence de patriotisme et l’appât du gain compromettent les politiques publiques et maintiennent le pays au niveau peu enviable de dernier de la classe dans plusieurs domaines de développement.

Le Président Bazoum Mohamed manifeste une volonté ferme de tenir les engagements électoraux pris devant le pays et la communauté internationale pour la sauvegarde des intérêts du pays. Les soupçons de malversations financières à la Présidence lors du mandat précédent, les affaires comme celle du Ministère de la Défense Nationale (MDN), ternissent considérablement l’image du pays et constituent des preuves flagrantes d’une gouvernance qui nécessite un audit global approfondi. L’Etat devrait pouvoir proposer un mécanisme législatif adéquat permettant aux fautifs de restituer les biens détournés. Les malversations les plus importantes et l’origine des fortunes suspectes seraient largement documentées aussi bien au niveau national que par des réseaux internationaux de veille aux questions de corruption et de transparence dans la gestion des affaires publiques
Le Président Bazoum semble déterminé et faire preuve du courage politique nécessaire pour affronter certains intérêts particuliers qui continuent à dilapider les maigres ressources de l’Etat et à banaliser le pillage des deniers publics. Contrairement à une idée savamment insufflée dans le débat public, tout laisse penser qu’il dispose de leviers essentiels pour se donner les moyens politiques de rester fidèle aux engagements pris devant le pays. Sa démarche volontaire bénéficie, à n’en point douter, d’un large soutien du peuple nigérien ainsi que des partenaires internationaux.

Dans l’exercice du pouvoir, il est parfois des moments où l’on se retrouve seul devant ses responsabilités ; l’Histoire retient généralement ces moments où le courage politique permet d’affronter les vents contraires dès lors qu’on est convaincu d’œuvrer pour l’intérêt supérieur du pays.

Abdoulahi ATTAYOUB
Consultant
Lyon 10 septembre 2021

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